La qualité biologique des cours d’eau en Bourgogne s’est nettement améliorée sur la période 1992-2006 : 96% des cours d’eau affichent une très bonne ou une bonne qualité biologique en 2006 contre 55% en 1992. Il n’y a plus de cours d’eau qualifiés de qualité médiocre ou mauvaise.
En 2006, le bilan global met en évidence une évolution significative par rapport aux années antérieures.
Les cours d’eau d’excellente qualité sont généralement situés à l’amont des bassins, notamment dans le Morvan. Les cours d’eau de bonne qualité sont notamment la Seine, l’Ource, l'Yonne, la Tille et les rivières du centre de la Bourgogne.
La mauvaise qualité de certaines stations est surtout due à des configurations particulières (impact de barrage, site minier, rejets urbains insuffisamment épurés). La contamination des eaux par des rejets agricoles et urbains détermine souvent le classement des stations en B2 et B3. Ces stations se situent généralement à l’aval des zones viticoles et des zones urbanisées qui rejettent leurs eaux usées insuffisamment épurées dans les milieux aquatiques.
La meilleure épuration des rejets de polluants « visibles », notamment des matières organiques d’origine industrielle et urbaine, a permis de résorber des points noirs importants sur certaines cours d’eau. L’évolution favorable observée entre 1992 et 1997 pourrait être liée à ce facteur. L’entretien des rivières contribue également à améliorer la qualité des habitats aquatiques, et par conséquent des espèces.
Si des types de pollution « massive » existent encore ponctuellement, notamment à l’aval des agglomérations qui ne sont pas équipées de stations d’épuration performantes, elles sont dépassées en terme d’impact par les pollutions diffuses. Les polluants incriminés sont notamment les métaux lourds, les pesticides, les composés organiques rejetés en faible quantité : leurs sources sont très variées (agriculture, usages domestiques, activités artisanales et industrielles) et difficilement identifiables.
Sur de nombreux cours d’eau, on observe une qualité biologique plus favorable par rapport à la qualité physico-chimique. L’eutrophisation a par exemple pour conséquence une augmentation de la diversité faunistique et le développement de peuplements associés à cette végétation, et donc une amélioration des indices biologiques.
Les cours d’eau bourguignons se banalisent. Les résultats des analyses de la qualité biologique des cours d’eau depuis une vingtaine d’années traduisent une amélioration des points noirs et une dégradation des zones situées en tête de bassins versants. Cette dégradation des secteurs amont conduit à réduire les zones où les espèces les plus fragiles peuvent trouver refuge. Cette régression se traduit par une diminution de la capacité de recolonisation de ces espèces lorsque la qualité du cours d’eau s’améliore et pérennise la banalisation du cours d’eau.
Les rejets domestiques, agricoles et industriels ont un impact sur la répartition de la faune et de la flore aquatique ; ils portent à la fois atteinte aux équilibres écologiques des cours d’eau et au patrimoine naturel régional. La qualité biologique des cours d’eau peut révéler également d’autres enjeux, liés notamment à l’alimentation en eau de la population, lorsque les eaux superficielles sont utilisées à cet effet.
Face à ces enjeux, l’amélioration du traitement des effluents urbains et des rejets industriels peut avoir un effet déterminant sur la qualité et le fonctionnement des écosystèmes aquatiques. Mais la préservation de la qualité biologique des cours d’eau ne se résume pas à l’adoption de techniques curatives pour réduire les pollutions ponctuelles. Elle passe d’abord par une évolution des comportements individuels à l’origine des pollutions diffuses, agricoles ou domestiques ; la meilleure gestion de la fertilisation des cultures et des rejets organiques issus de la viticulture ou encore l’utilisation de détergents biodégradables et l’élimination des résidus toxiques (peintures, solvants…) via des filières contrôlées sont susceptibles d’améliorer la qualité des cours d’eau en Bourgogne.
La Bourgogne est une région de tête de bassins, ce qui explique la présence importante de stations de bonne qualité.
La qualité biologique des cours d’eau est déterminée en fonction de la valeur de l’Indice Biologique Global Normalisé (IBGN).
L’IBGN est calculé sur la base de l’identification des invertébrés aquatiques prélevés au niveau de chaque station hydrobiologique (insectes, mollusques, crustacés, vers…). La présence ou non de certaines espèces et leur abondance dépend de la qualité de l’eau, de l’état du lit et des berges, et du régime des eaux. Elle détermine par conséquent la capacité du milieu à satisfaire leurs besoins vitaux.
L’IBGN est déterminé chaque année en Bourgogne sur un échantillon de 40 stations représentatives. Les stations de prélèvements des échantillons analysés sont réparties selon la classe de qualité observée.
L’indicateur correspond à la part respective de chacune des classes de qualité par rapport à l’échantillon régional. Il permet de suivre l’évolution de la qualité globale des cours d’eau en Bourgogne.
DREAL Bourgogne et Agences de l'eau
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