Repères n° 46 - avril 2008

S'adapter aux changements climatiques

La prise en compte du changement climatique par les politiques nationales s’affirme. En 10 ans, le consensus scientifique s’est renforcé au fil des rapports du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) parlant progressivement d’indices de changements climatiques, de faisceau d’indices concordants, puis d’un changement probable, qui, enfin, est qualifié de très probable dans le dernier rapport. L’attribution du prix Nobel de la paix en 2007 à Al Gore et au groupe de scientifiques a placé cette thématique forte au centre des préoccupations citoyennes. La conférence de Bali, malgré son succès mitigé, a fait émerger la question de l’adaptation des populations les plus vulnérables. Plus proche de nous, le Grenelle de l’environnement a fait de l’objectif « lutter contre les changements climatiques et maîtriser l’énergie »  un axe politique fort.

Au-delà des progrès qui pourraient être réalisés dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le GIEC insiste sur la nécessité de développer une stratégie d’adaptation dans tous les secteurs et recommande que la problématique de l’adaptation au changement climatique soit intégrée dans les documents de planification et de programmation territoriaux et socio-économiques qui prennent en compte les politiques de préventions des risques (Schéma Régional d’Aménagement Du Territoire, Contrats de Projet Etat Région,…).

Mais comment s’adapter à un phénomène marqué par l’incertitude et la complexité de ses manifestations?

Incertitude, non pas sur l’expression globale du dérèglement climatique, mais sur l’ampleur, la localisation, la fréquence et le type même des événements à venir. Les modèles climatiques, satisfaisants à l’échelle des grandes zones géographiques du globe, risquent de perdre de la fiabilité lorsqu’ils sont travaillés à l’échelle plus locale. Pourtant, l’analyse d’observations fiables et inscrites dans la durée est nécessaire. L’expertise et la recherche sont interrogées, tant sur cette évolution climatique que sur la nature des impacts. L’apparition de phénomènes nouveaux (maladies, évolution des cultures,..) suppose ainsi d’organiser des réseaux d’observation.

Complexité, car les effets sont directs et indirects. Il est très difficile d’identifier dans les phénomènes et impacts observables, ce qui est du ressort du changement climatique et de l’activité anthropique. Nos référentiels de pratiques et de modes de gestion sont à réajuster au fil des observations et des prévisions. Les interactions sont nombreuses et les stratégies à développer doivent tenir compte d’un ensemble de composantes et de répercussions possibles. Elles s’inscrivent dans une démarche de développement durable.

Depuis 2004, Alterre Bourgogne contribue à développer la sensibilisation régionale par ses travaux : analyse de la canicule de 2003, étude réalisée en 2005 des phénomènes déjà perceptibles des changements climatiques... Ces travaux ont mis en exergue la multiplicité des impacts possibles. Aujourd’hui, et en dépit des questionnements soulevés par les incertitudes, des pistes d’adaptation existent et sont explorées. C’est pour croiser les regards de différents types d’acteurs concernés qu’Alterre Bourgogne a initié une mise en réseau très large de partenaires. Ce réseau, ou Observatoire partenarial, a pour ambition de faciliter les réflexions stratégiques et les actions sectorielles ou territoriales et d’aider ainsi à leur mise en cohérence.