L’eau, bien commun de l’humanité, est une ressource vitale, à laquelle tout individu doit avoir accès en quantité et en qualité suffisantes. Mais les usages des uns ne sont pas sans conséquences sur la disponibilité et la qualité de l’eau pour les autres. Des pratiques et des usages locaux, apparemment anodins et sans mauvaises intentions de nuire, peuvent ainsi avoir des impacts sur la ressource : les polluants véhiculés par les égouts altèrent la vie aquatique des rivières ; les désherbants épandus sur les trottoirs ou dans les champs se retrouvent dans les eaux, y compris les eaux souterraines.
En Bourgogne, la potabilité de l’eau, qui est une priorité de santé publique, est assurée pour une grande partie de la population, bien que des efforts restent à faire. Mais la qualité de l’eau du robinet, obtenue par traitements, masque la réalité : dans le milieu naturel, les suivis de mesures indiquent une dégradation de la qualité des eaux « brutes ».
Pour retrouver une eau de qualité, les coûts des traitements et les investissements en installations peuvent être importants. Par ailleurs, en cas de fermeture d’un captage, les usages se reportent sur d’autres ressources qui s’en trouvent davantage sollicitées, parfois au-delà de leur capacité à se renouveler, ce qui peut générer des tensions et des conflits d’usages.
Assurer l’accessibilité et la disponibilité de l’eau pour tous, c’est préserver les ressources en eau en combinant différentes actions préventives telles que la lutte contre les nombreuses sources de pollution, la protection des écosystèmes aquatiques ou encore la restauration de la morphologie naturelle des cours d’eau, un levier puissant pour améliorer leur bon état écologique.
Garantir les usages de l’eau tout en préservant la qualité de la ressource en eau : c’est l’objectif fort de la directive cadre sur l’eau édictée par l’Union européenne et déclinée par les réglementations nationales. Bien commun, l’eau est toutefois sujette à une alchimie complexe de responsabilités et d’outils réglementaires.