La nature en ville

septembre 2010

Rapport technique - 70 pages

Sommaire


INTRODUCTION - CONTEXTE

LA NATURE OU LES NATURES EN VILLE ?

  • Une histoire liée à celle de l’urbanisme
  • Les types de nature dans la ville : ils sont dictés par les représentations
  • Pour conclure

LES SERVICES RENDUS PAR LES ESPACES DE NATURE DES VILLES

  • Les services sociétaux et socioculturels
  • Les services éco systémiques
  • L’économie de la nature en ville : première approche
  • Conclusions

LA GESTION DE LA NATURE EN VILLE : ENTRE PROTECTION, AMENAGEMENT ET
GESTION DURABLE

  • Les outils réglementaires et de planification
  • Les méthodes et outils actuellement développés par les collectivités 
  • La gestion par les citoyens
  • Conclusions : agir individuellement, collectivement, réglementairement 

NATURE EN VILLE ET DEVELOPPEMENT DURABLE : ELEMENTS DE REFLEXION

  • Quelques fondamentaux
  • Analyse comparée nature en ville/développement durable
  • La nature en ville, une illustration du développement durable, à condition que…
  • En guise de conclusion : la nature participe au DD de la ville

CONCLUSION GENERALE

Introduction

Un des défis actuels en aménagement du territoire est de limiter l’étalement et l’émiettement urbain,donc d’assurer la densification des villes. Dans le même temps, la nature à l’intérieur des villes retrouve un regain d’intérêt non seulement pour les citadins, mais aussi pour les aménageurs et urbanistes. La nature contribue à un cadre de vie de qualité, elle est synonyme d’agrément et de pollution limitée. La nature en ville apporte la composante environnementale du concept de ville durable, développé dans les ateliers du Grenelle de l’environnement. Ce thème a toutefois nécessité un atelier à lui seul, « nature en ville ».

Mais le caractère travaillé, voire artificiel de la nature en ville laisse peu supposer qu’elle puisse constituer un système naturel qui contribuerait à la préservation de l’environnement. Le concept d’écosystème urbain n’est que très rarement évoqué. À quelles conditions la nature urbaine contribue-t-elle à la préservation de l’environnement ? Il paraît nécessaire tout d’abord d’identifier ce qu’on appelle nature, ses composantes et sa spatialisation, de préciser les caractéristiques des différents types de natures en ville : naturelle, organisée, créée… Sa relation avec la nature hors ville, celle des campagnes, pose question. La continuité ou la discontinuité entre ces espaces pourrait être un élément majeur dans la préservation de l’environnement, notamment de la biodiversité (d’où le plan Trame verte et bleue). Cela renvoie aux représentations par type d’acteurs (urbanistes, environnementalistes, jardiniers, citoyens) et aux relations ville / campagne / espaces naturels. Ce sera la première partie de ce rapport : l’analyse par les sciences humaines des représentations de la (ou les) nature(s) dans la ville d’une part, et de la continuité ou discontinuité géographique d’autre part.

La deuxième partie du rapport analysera les biens et services offerts par la nature urbaine, que ce soit les services liés à l’eau, à la biodiversité, à l’air ou au climat. Le caractère social de la cité oblige aussi à identifier les nuisances liées à la présence de la nature pour les maîtriser. La question d’échelle de préservation de l’environnement se pose : les enjeux de préservation, auxquels pourrait répondre la nature en ville, ne sont-ils que locaux ou peuvent-ils concerner l’environnement au sens large ? La nature en ville, principalement présente dans les parcs et jardins, a surtout été implantée ou préservée dans un but d'agrément. Aujourd'hui, différentes fonctions sont assignées à ces espaces de nature urbains, qu'ils soient environnementaux ou sociaux. Il est donc proposé de faire un état des lieux des enjeux liés au maintien, à la création et à la bonne gestion d'espaces de nature urbains, en s'attachant à analyser les pratiques relevant d'une démarche de développement durable, afin de donner aux décideurs une vision globale des enjeux, ainsi que des pistes d'action.

La troisième partie traitera des conditions pour que cette contribution de la nature des villes aux enjeux environnementaux soit renforcée et contribue au caractère « durable » des lieux urbains. Cela pose la question de l’articulation entre les services environnementaux de la nature en ville, qui est le lieu par excellence de la vie sociale et économique, impose de fait de s’interroger en quoi les questions de nature en ville relèvent du développement durable. L’analyse, illustrée le plus possible d’exemples locaux, portera sur les dimensions viables (à l’intersection de l’économie et de l’environnement) et vivables (à l’intersection du social et de l’environnement) de la ville. Mais la dimension équitable (à l’intersection du social et de l’économique) existe aussi : les aménités qu’apporte la nature dans les espaces urbains ne doivent pas être à l’avantage de quelques-uns. Des dispositifs réglementaires et des schémas territorialisés se mettent en place et devraient aider à la gestion collective des espaces de nature. Les actions de sensibilisation et de pédagogie à destination de différents publics ont également un poids important dans la prise de conscience des services écologiques de la nature. Nous évoquerons les conditions pour que les pratiques des usagers, notamment en termes de jardinage, contribuent également à une meilleure préservation de l’environnement.