Tendances et analyses

Près de 4,6 millions de tonnes-équivalent-pétrole ont été consommées en 2005 sur le territoire bourguignon, soit 2,8 tonnes-équivalent-pétrole par habitant et par an, ce qui est légèrement au-dessus de la moyenne nationale (2,6 tep/habitant). La structure sectorielle des consommations d’énergies de la Bourgogne diffère de celle de la France entière : la part de l’industrie y est plus faible, tandis que celles des transports et des secteurs de l’habitat et du tertiaire y sont plus élevées et absorbent les deux tiers de l’énergie consommée.

Les consommations d’énergies ont augmenté de 18 % entre 1990 et 2005 (contre 13 % au niveau national). Après une hausse moyenne annuelle de +1,6 % jusqu’en 2002, elles ont diminué de 0,9 % par an. Les transports sont responsables à eux seuls de 30 % de l’augmentation des consommations régionales d’énergies entre 1990 et 2005, malgré une baisse significative de leur niveau de consommation en 2005.

 


Définitions

Les énergies que nous utilisons et la façon dont nous les consommons conditionnent les pressions que nous exerçons sur notre environnement : pollutions atmosphériques des villes, pollutions diffuses des sols et des nappes souterraines par les hydrocarbures, risques technologiques liés aux centrales nucléaires, impact paysager des réseaux de distribution électrique…
La consommation finale d'énergies comptabilise l'ensemble des énergies consommées par pour une large part les utilisateurs finals, c'est-à-dire par les secteurs consommateurs : les ménages, les transports, l'industrie, le secteur tertiaire et l'agriculture.

Elle recense :

  • les énergies dites classiques : produits houillers, électricité, gaz naturel, produits pétroliers
  • les énergies dites renouvelables : énergies inépuisables à l'échelle humaine (soleil, vent, marée...) ou renouvelées par l'homme (bois, cultures énergétiques). En Bourgogne, il s'agit du bois, de l'énergie solaire et de la géothermie.
  • les énergies dites locales : les déchets des activités humaines peuvent être valorisés sous forme énergétique. En Bourgogne, il s'agit de la récupération du biogaz dégagé au niveau de stations d'épuration et de la récupération de la vapeur produite par l'incinération de déchets.

Elle détaille les consommations :

  • de l'industrie, c'est-à-dire des entreprises industrielles de plus de 10 salariés - y compris les industries agroalimentaires, le bâtiment et génie civil,
  • de l'habitat, individuel et collectif, c'est-à-dire l'ensemble des consommations d'énergies dans le cadre du logement : chauffage, production d'eau chaude, cuisson, électricité spécifique (éclairage, électroménager...),
  • des transports, de voyageurs et de marchandises, par route, par rail, par voies d'eau et aérienne,
  • du secteur tertiaire : santé, enseignement, éclairage public, services publics et communaux, administrations, postes et télécommunication, commerces, hôtels-cafés-restaurants, services marchands divers, locaux relatifs aux transports,
  • de l'agriculture, c'est-à-dire des consommations d'énergie des exploitations agricoles pour des usages professionnels.


La consommation finale d'énergies est exprimée en tonnes-équivalent-pétrole(1) à climat corrigé(2). Elle ne comprend pas les énergies transformées par les producteurs d'énergie (exemple : consommation de charbon par une centrale thermique électrique pour produire de l'électricité).
(1) tonne-équivalent-pétrole (tep) : Unité de mesure employant le pouvoir calorifique du pétrole comme étalon et permettant de convertir les quantités physiques (m3, tonne, kWh...) des différentes énergies en une même unité.

Statistiques nationales : nouvelle méthodologie

Les coefficients d'équivalence énergétique utilisés en France jusqu'en 2001 étaient ceux adoptés en 1983 par l'Observatoire de l'Energie. En session du 14 février 2002, le Conseil d'Orientation de l'Observatoire de l'Energie a résolu d'adopter, dès la publication du bilan énergétique portant sur 2001, la méthode commune aux organisations internationales concernées (Agence Internationale de l'Energie, Eurostat…). Cela concerne le coefficient de conversion de l'électricité, de kWh en tonne-équivalent-pétrole (tep).
L'ancienne méthode utilisait " l'équivalent primaire à la production " : c'est-à-dire que quel que soit l'emploi ou l'origine de l'énergie électrique, un coefficient unique était utilisé, égal à 0,222 tep / MWh depuis 1972. L'électricité était comptabilisée comme la quantité de pétrole qui serait nécessaire pour produire cette énergie électrique dans une centrale thermique classique d'un rendement " théorique " égal à 0,086/0,222 = 38,7%.

La nouvelle méthode conduit à distinguer trois cas :

  • L'électricité produite par une centrale nucléaire est comptabilisée selon la méthode de l'équivalent primaire à la production, avec un rendement théorique de conversion des installations égal à 33% Ò le coefficient de substitution est donc 0,086/0,33 = 0,260606 tep / MWh
  • L'électricité produite par une centrale à géothermie est aussi comptabilisée selon la méthode de l'équivalent primaire à la production, mais avec un rendement théorique de conversion des installations égal à 10% Ò le coefficient de substitution est donc 0,086/0,10=0,86 tep / MWh
  • Toutes les autres formes d'électricité (production par une centrale thermique classique, hydraulique, éolienne, marémotrice, photovoltaïque, etc, échanges avec l'étranger, consommation) sont comptabilisées selon la méthode du contenu énergétique, avec le coefficient 0,086 tep / MWh.

 

Les résultats présentés ci-après prennent en compte cette nouvelle méthodologie ; les bilans énergétiques antérieurs à 2001 ont été recalculés en appliquant le nouveau coefficient de conversion de l'électricité afin de disposer d'une série homogène dans le temps. L'utilisation de cette nouvelle méthode conduit dans certains cas à des résultats très différents de ceux établis dans les précédents bilans, notamment en ce qui concerne la part de l'électricité dans l'ensemble des productions et consommations d'énergies.


(2) à climat corrigé : La consommation d'énergie est ramenée à un climat moyen. Ce redressement est nécessaire pour les consommations d'énergie destinées au chauffage. Si par exemple un hiver est particulièrement doux, on effectue une correction des consommations effectives d'énergie pour obtenir la consommation qui aurait été celle d'un hiver " habituel ". Ce raisonnement à climat corrigé permet de comparer les niveaux de consommation d'une année sur l'autre en effaçant les conséquences des variations du climat.


Sources des données :

CDF Energie, SOCCRAM, EDF Bourgogne, RTE, GDF Bourgogne, Compagnie Générale des Eaux, SATESE de l'Yonne, Station d'épuration de Dijon, SIRTOM de Chagny, COMADI, Usine d'incinération d'ordures ménagères de Chatillon-sur-Seine, Usine d'incinération d'ordures ménagères de Sens, Ciments Lafarge, ADEME Bourgogne, Conseil régional de Bourgogne, Union des Forêts de Bourgogne, Hôpital de Bourbon-Lancy, Jura Energie Solaire, Confort de France, Best Energétiques, ECA-21, Bourgogne Energies Renouvelables, Syndicat Intercommunal des Transports Urbains de l'Agglomération Châlonnaise, Villes de Tournus, Saint-Geoges-sur-Baulche, Auxerre, Directions départementales de l'équipement, Société des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône, SNCF, Aéroports de Mâcon, Auxerre, Châlon-sur-Saône, Dijon, Saint-Yan et Nevers, Direction Régionale de l'Equipement, Météo-France, Syndicat National du Chauffage Urbain, Direction Régionale de l'Agriculture et de la Forêt, Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement, Comité Professionnel du Pétrole